Je n’ai jamais trop de difficultés à trouver une idée de roman. Au contraire, mon problème principal est de choisir celle qui me parle le plus. Néanmoins, une fois que je suis parvenue à faire ce difficile exercice du choix (car choisir, c’est renoncer), arrive un second problème : je commence à préparer mon roman (j’adore ce moment), je crée les personnages, le monde dans lequel ils évoluent, j’écris un, puis deux, puis trois chapitres avec une motivation absolue… et puis, alors que je m’y attends le moins, surgit une autre idée géniale qui Pop ! dans ma tête de manière quasi obsessionnelle pour me dire : « en fait, moi je suis bien mieux. Choisis-moi ! »
Tout à coup, le roman que j’étais en train d’écrire me paraît fade et insignifiant et la nouveauté m’appelle.
Je pense que ce phénomène (appelé le « syndrome de l’objet brillant » me semble-t-il) arrive à beaucoup d’écrivain·es. Alors imaginez pour celles et ceux qui ont un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)…
Je ne suis pas spécialiste du sujet, donc je vais m’arrêter uniquement sur mon expérience. Chez moi, l’un des symptômes les plus évidents est la recherche de dopamine, provoquée notamment par la nouveauté.
Voici deux astuces que je vous partage ici :
La première est de savoir de quoi vous avez vraiment envie de parler. Le sujet profond que vous avez envie d’évoquer.
Alexandre Jardin, dans son livre Mes secrets d’écrivains, fait la distinction entre le sujet et l’intrigue. Ce passage a tout changé pour moi et me permet aujourd’hui d’aller jusqu’au bout d’un manuscrit malgré ma neuroatypie.
Le sujet, c’est « ce dont tu parles en vérité ». Il « parle à notre psyché, à nos souffrances les plus enfouies », alors que l’intrigue n’est que « la mise en action du sujet ». Il donne l’exemple de Cyrano de Bergerac : l’histoire d’un homme avec un grand nez (l’intrigue), mais le sujet, lui, est la beauté de cœur, le fait de ne pas être vu·e par l’être aimé·e.
Le thème doit être cherché au plus profond de soi pour être sincère. C’est ça qui fait qu’un roman nous reste à l’esprit. C’est comme un tatouage : s’il évoque un moment ou un symbole ancré en vous, il y a alors beaucoup moins de risques de le regretter. (Mes quatre tatouages ont été faits sur un coup de tête… Aïe !)

La deuxième astuce m’a été suggérée par les deux personnes avec qui nous nous donnons des rendez-vous mensuels pour faire un point sur nos textes et garder notre motivation.
Leur conseil est simple : faire une pause sur le texte en cours et noter la nouvelle idée dans un carnet (un carnet à idées, ou un autre carnet. Ce qui donne une excellente excuse pour en acheter un nouveau). De cette façon, l’idée « sort » de ma tête, elle comprend que je l’ai prise en compte et cesse de me harceler. Je peux ensuite revenir tranquillement à mon texte.
Cela ne fonctionne pas à tous les coups, mais le syndrome de l’objet brillant est clairement moins présent depuis que j’ai mis ces deux choses en place.
Avez-vous été confronté·es au syndrôme de l’objet brillant ? Si oui, qu’avez-vous mis en place ?



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